Commune de Cailly

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Armoiries et devise de la commune

La devise latine Concipe spes certas, figurant sur la première page de la revue « Vivre à Cailly » de janvier 2012,  est toujours associée aux armoiries de la commune. Quelles en sont les origines ? Quel en est le fondement historique ?

La devise

Elle se traduit par « conçoit une espérance certaine » et qui pourrait signifier « n’entreprends que ce qui est à ta portée ».

 

On la retrouve au revers de médailles d'argent de 1585 avec le profil d'Alexandre Farnèse sur le côté face. Il n'existe pas de lien avéré avec celle de Cailly. Alexandre de Farnèse, italien et duc de Parme, est petit fils de Pape et de Charles Quint. Après son arrivée à la cour d'Espagne, il réorganise les troupes espagnoles occupant les Pays Bas. Participant aux guerres de religion françaises à la demande de son roi Philippe, il rejoint le duc de Mayenne avec 13000 hommes pour libérer Paris assiégé en 1590 par Henri IV et en 1592, il libère Rouen du siège du même Henri IV, ses troupes stationnant à Cailly le 20 avril. Il est blessé à Caudebec d'où il parviendra à se dégager pour rentrer en Hollande.

 

Mais c'est surtout en Angleterre et en Irlande que l'on retrouve les traces de notre devise. Elle est alors associée, (cf site 4crests.com) aux noms de familles anglaises telles que Cearley, Ceeley, Ceely, Ceiley, Cely, Sealey, Seally, Sealy, Seeley, Seelly,Seelye, Seley, Selley, Selly, Siely, Silley, Silly, Zealy, Zealley, Zelley et Callaway, variantes, partagées par les généalogistes, de Cailli, la prononciation latine de C-E-L-Y étant K-AI-L-Y.

 

Les armoiries

Ces armoiries sont décrites en terme héraldique comme étant Coupées de sinople (vert) et d’azur (bleu) à la face d’or crénelée de six pièces surchargées en deux et un de trois têtes de loups de sable (noir) arrachées.

 

Elles sont mentionnées dans un ouvrage de 71 pages, édité en 1895 en Angleterre par Hazell, Watson and Viney, rédigé par un certain révérend W. Sealy, d’après les notes d’Hyppolite Lemarchand[1], et intitulé « Cailly en Normandie, son histoire dès les siècles les plus reculés, la liste de ses anciens seigneurs, les chartes et donations à diverses abbayes ».

 

Elles sont décrites dans un ouvrage de référence: l’Armorial Général d’Europe (publié en 1861) du hollandais Rietstap page 751, pour la famille Seale du Devonshire en Angleterre.

 

 

Victor et Henri Rolland ont entrepris dès 1903 d’illustrer les descriptions de Rietstap. On trouve celle de la famille Seale à la planche 291 de leur « l’Armorial Général Illustré ».

 

 

 

 

 

Quelques variantes de ces armoiries existent dans diverses publications anglaises, avec à chaque fois les 3 têtes de loups séparées par les créneaux, parfois simplifiés.

 

La devise “concipe spes certas” est aussi mentionnée, avec les armoiries [2] comme étant celle  de la famille Sealy dans The General Armory of England, Scotland, Ireland, and Wales, Comprising a Registry of Armorial Bearings from the Earliest to the Present Time, VOLUME 3 publié en 1878 par Harrison à Londres. Ce qui est confirmé par la National Library of Ireland comme étant les armes d’un certain James Sealy, le 21 décembre 1940.

 

 

Un héritage ancien

Il est établi dans Burke's genealogical and heraldic history of the landed gentry, Volume 2 de 1864, dans le lignage d'un certain Sealy John Thomas Hungerford né le 26 mars 1804, que les noms Cailly, Cely, Sealy sont arrivés en Angleterre par Guillaume le Conquérant accompagné par le sire de Cailly en 1066.

 

Nous avons vu, par ailleurs, que, suite à l’invasion de Guillaume le Conquérant, le nom Cailly s’est implanté en Angleterre avec les héritiers de Guillaume, seigneur de Cailly[3] dérivant ensuite sous les formes Cayli, Cayley...

 

Seule la famille, aux noms dérivés Sealey, Seale, Sealy, a hérité et transmis les armes et la devise de Guillaume de Cailly, le patronyme Sealy étant une dérive anglaise du nom Cailly par Cayli, Cayley, Sealey ..., et par conséquence, et du fait de cette transmission anglaise, les armes et la devise de la commune de Cailly sont bien celles de Guillaume de Cailly au 11ème siècle, probablement établies, comme la plupart des armoiries, au 8 ou 9 ème siècle.


 

[1] Hyppolyte Lemarchand, né à Cailly, géomètre puis greffier (huissier) dans la commune, fût maire de Clères. Il est l’auteur de l’Histoire du Canton de Clères édité en 2002 par l’association le Pucheux.

[2] Or, a fess embattled az. between three wolves’ heads erased sa. Creat –Out of ducal coronet or, a wolf’s head sa - (créneau azuré séparant l'or et 3 têtes de loup, surmonté d'une couronne ducale en or et d'une tête de loup)

Mis à jour ( Mardi, 28 Février 2012 10:51 )