Commune de Cailly

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Les seigneurs de Cailly au 12ème et 13ème siècle (fin)


Les relations tumultueuses entre les seigneurs de Cailly et l'abbaye de Saint Ouen

Vers 1250 l’abbaye de Saint Ouen se trouve en difficulté pour récupérer son domaine de Bihorel, gagé auprès de créanciers. Osberne II avance la somme nécessaire (120 marcs d’argent). En échange de quoi il reçoit en gage deux portions de la Forêt Verte (Forêt de Silveisons) qu’il devra rendre quand les moines l’auront remboursé. Osberne III, petit fils d’Osberne II, n’attend pas la fin des remboursements car en 1189 un aveu [1] met fin au litige que la situation avait fait naître : Osberne rend aux moines les deux portions de bois, ceux-ci s’engagent à rembourser la part restante (60 livres et 10 marcs d’argent).

Toutefois la dette fut récupérée par Renaud du Bosc (mari de Mathilde, 1ère fille d’Osberne III) et il fait valoir des prétentions sur des parties de la Forêt Verte appartenant à l’abbaye de Saint Ouen. Il les abandonne moyennant 25 livres.

Si les donations des seigneurs envers les abbayes avaient surtout pour objectif d’assurer un au de-là clément (l’enfer était plus que craint à cette époque), elles sont l’occasion de conserver quelques privilèges : droit de prise de viande sur l’abbaye de Saint Ouen, droit de botte de 5000 harengs saurs sur l’abbaye de Fécamp par le Seigneur de Cailly …. A cause des litiges que font naitre la conservation de ces privilèges, les baillis (juges) sont souvent sollicités pour les régler.

Et pendant ce temps ...

Richard coeur de lion Profitant du défaut d’héritier mâle d’Osberne III, le mercenaire Ranufle, occupe le château de Cailly pendant 3 ans. C’est en 1197 que le Duc de Normandie et Roi d’Angleterre, Richard 1er Cœur de Lion, le reprend par la force et le rattache à sa couronne. Il devient alors le centre d’une fiefferme[2].

 

C’est au 12ème siècle qu’est entreprise, selon Prosper Mary, la construction du calvaire « à une toute petite distance du hameau de Saint Taurin, vers Saint-André sur Cailly dans l’angle formé par la rencontre du chemin qui conduisait à cette commune et qui est aujourd’hui supprimé, avec celui de Saint Jean, est érigé sur une petite pointe de terrain un calvaire nommé La Croix La Dame. »

La tradition rapportée par M. L’abbé Bréard, curé de Cailly de 1818 à 1879, rappelle que ce calvaire aurait été élevé en souvenir d’une dame probablement de haute lignée, qui serait morte en cette place.

D’après une autre tradition, la croix aurait été érigée par une dame qui avait fait vœu, si son époux revenait de la croisade, de se traîner sur les genoux au devant de lui et d’élever une croix à l’endroit où elle le rencontrerait. Ce qui aurait eu lieu.

On ajoute que, dans le temps, les paroisses dont le marquis de Cailly était patron, y venaient en procession à certains jours » [3]

Un certain Raoul de Cailly est Maire de Rouen en 1198. En 1203 une patente adressée par Jean sans Terre, duc de Normandie, au sénéchal et au maire de Rouen, leur défend de faire aucun procès à un certain Raoul de Cailly ou plutôt de ne pas permettre qu’il soit traduit devant aucun autre tribunal que le sien jusqu’à ce qu’il soit revenu d’Angleterre en Normandie. Il est probable que celle-ci avait pour but de protéger Raoul de Cailly, contre toute velléité de le traduire en justice dans le royaume de Normandie, les raisons de cette protection ne sont pas parvenues jusqu'à nous.

Alors que Philippe Auguste tente de reconquérir et de rattacher à la couronne de France les biens du duc de Normandie (Jean sans Terre, Roi d’Angleterre), un certain Raoul de Cailly, maire de Rouen en 1204, signe la trêve avec le Roi de France lors du siège de Rouen.

C’est peu après cette époque (13ème siècle) que le clocher actuel de l’église de Cailly, ainsi que la nef, sont construits et c’est en 1266 que deux prêtres servent une léproserie, propriété de l’Abbaye de Saint Ouen, établie au Mont Saint Taurin.

 

[1] En droit seigneurial, l'aveu est une déclaration écrite que doit fournir le vassal à son suzerain lorsqu’il entre en possession d’un fief (par achat ou héritage). L’aveu est accompagné d’un dénombrement ou minu décrivant en détail les biens composant le fief (confère Wikipédia)

[2] Une fiefferme est un fief (domaine concédé à un vassal) restant appartenir au domaine royal mais confié à un seigneur féodal particulier.

[3]Prosper Mary : Histoire de Cailly page 17

 
Mis à jour ( Lundi, 09 Janvier 2012 14:38 )