Commune de Cailly

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Saint Leufroy, Charles le Chauve, Rollon et les autres


La première référence avérée à Cailly concerne Saint Leufroy. Selon Eude Rigaud, auteur de la vie de Saint Leufroy, celui-ci vers 670, après avoir décidé de quitter le monastère de Varenne (placé à Saint Saëns ou Montérolier selon l’abbé Cochet), se dirigeant vers Rouen, rencontre à Cailly un homme de dieu nommé Bertran chez qui il séjourna quelque temps. Il fit alors construire une chapelle, aujourd’hui disparue, au mont saint Taurin. La renommée de saint Saëns lui fit alors quitter Cailly pour suivre les pas du saint homme dans son monastère. Il fut ensuite évêque de Rouen et fondateur du monastère de la commune de la Croix Saint Leufroy dans l’Eure[1].

 

C’est à peu près à cette époque, que Cailly est désigné comme doyenné. Son importance est alors réelle puisqu’il ne comprenait pas moins de 46 paroisses dans un rayon de 10 à 15 kilomètres.

 

Plus tard vers 846, deux auteurs font référence à Cailly à propos du roi Charles le Chauve.

 

Le premier, Joseph, précepteur de Louis le Bègue et disciple de Paul, archevêque de Rouen, raconte que lors de la translation des corps de saint Régnobert [2] et de saint Zénon, le roi se trouvait dans une Villa Fiscale, nommée Vetus Domus, avec la reine Hermentrude et le duc de Bretagne Herispoë dont il recevait les hommages. Il fut pris d’un soudain et violent mal de dent. La reine l’engagea a invoqué le bienheureux dont les reliques passaient à proximité. Il fut alors guérit. La reine envoya un voile d’étoffes précieuses pour couvrir la chasse du Saint.

 

Le second, Hérie, moine d’Auxerre, précepteur de Lothaire fils de Louis le Débonnaire, racontant les miracles opérés par les reliques du grand Saint-Germain, expose qu’aux environs de Rouen, il existe une Villa Fiscale et Royale que les habitants appellent Vetus Domus à cause de son antiquité. Un jour le roi Charles le Chauve y est venu avec toute sa cour pour y recevoir les hommages de Herispoë, duc de Bretagne. Une foule de pauvres et d’infirmes s’y rendit également. Au milieu du tumulte, une jeune fille muette entra dans la chapelle et y passa la nuit. Dans son sommeil, le Sainte-Evêque lui apparut et la guérit de son infirmité. Le miracle fut connu du roi et de la cour.

 

La localisation de la Vetus Domus fit débat parmi les experts au 18e siècle. L’abbé Lebeuf, dans un article publié en mars 1733 dans le Mercure de France hésitait entre le Vieux Manoir et Cailly. L’abbé Cochet, un siècle plus tard, précise plutôt Saint-André sur Cailly, lieu d’une forte présence romaine et qui réunit toutes les conditions nécessaires pour une villa antique et un Palatium franc.

 

Vers 912, Rollon attribua les terres de Cailly à l’un de ses lieutenants, Ralph ou Roll (L’abbé Tougard, Géographie de la Seine Inférieure). «Toutes les terres désertes cultivées, à l'exception de celles des églises, furent partagées de nouveau, sans égard aux droits des indigènes. Les compagnons de Roll, chef des soldats devinrent, selon leurs grades, seigneurs des villes et des campagnes, propriétaires souverains des domaines grands et petits ». (A Thierry, conquête de l'Angleterre.)

  

Vers 1010 Osberne ou Osbern fut seigneur de Cailly, probable arrière petit fils de Richard 1er, « Sans Peur » troisième duc de Normandie. En effet celui-ci, à la mort de sa première femme Emma, sœur de Hugues Capet, épousa sa maitresse Gonnor (d’Anjou ou Aunou), qu’il légitima de ce fait. Il avait eu avec elle, un fils, Godefroy, comte de Eu et de Brionne, père de Gillebert, comte de Brionne, lui-même père d’Osberne seigneur de Cailly.

 

[1] L’ambiguïté entre la commune de Cailly et celle de Cailly sur Eure reste entière pour un certain nombre de spécialistes. Toutefois l’abbé Cochet, s’appuyant sur des éléments tangibles, développe un argumentaire en faveur de notre commune.

[2] Saint Régnobert fut evêque de Bayeux de 620 à 666

 

 

 

 

Mis à jour ( Lundi, 09 Janvier 2012 14:39 )