Commune de Cailly

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Cailly au 16 ème siècle

1.   Les guerres de religion

Au début du 16ème siècle, en 1504 exactement, au décès de Charles de Boissay, petit-fils de Laurent de Boissay[1] (baron de Mesnières et de Cailly), sa sœur ainée, Antoinette Quieret reçût Cailly et Saint Germain en héritage. Louise, fille d’Antoinette, reçoit Cailly, qu’elle apporte en dote à Jean de Mailloc, lors de leur mariage en 1530.

 

Nicolas de Mailloc, sieur de Cailly, fils de Jean, épouse aux environs de 1550, Charlotte de Mouchy, dame de compagnie de Catherine de Médicis. Celle-ci-ci fut veuve en 1587.

 

Les guerres de religion firent beaucoup de dégâts dans la région. Le 3 septembre 1589, Henri IV et ses troupes, s’arrêtent à Cailly après avoir levé le siège de Rouen [2]. A leur départ le 8 septembre pour Dieppe, les halles et une partie des maisons sont incendiées. Charlotte, dite la dame de Mailloc, demandât, en 1598, réparation au Roi pour ces dégâts.

 

Le 20 avril 1592, le duc de Mayenne et ses troupes, s’arrêtent à Cailly avant de porter secours à Rouen, de nouveau assiégé par Henri IV.

 

De cette époque troublée, il en résultat l’existence de troupes dont le seul moyen d’existence était le pillage, ainsi les communes aux alentours de Cailly, furent tellement ravagées qu’elles sont alors déchargées de l’impôt (la taille).

 

2.   L’ambassadeur Busbecq

C’est à cette époque, en octobre 1592, que l’ambassadeur Augier Gislein de Busbecq, né à Comines en 1522, et donc âgé de 70 ans, ministre plénipotentiaire de l'empereur autrichien Rodolphe II, obtint un congé de 10 mois pour visiter ses amis avant de se retirer dans sa ville natale en Belgique[3]. « Se trouvant dans le bourg de Cailly où il reçut l’hospitalité, une troupe de soldats, accourus d’une station voisine, se saisissent de vice force de sa personne. Mais comme dans les sentiments de constance et de grandeur d’âme dont il est rempli, il se plaint de la violence qu’on lui fait subir et de ce qu’on le rançonne contre le droit des gens, lui revêtu de la dignité d’ambassadeurs, lui enlevant ses bagages, non par l’ordre le gouverneur de Rouen, comme ces brigands s’en ventaient mais par pur esprit de rapine, les soldats effrayés et troublé par les reproches de leur conscience lui font de grand matin, restitution complète et prennent aussitôt la fuite. Au gouverneur de Rouen excusant leur mauvaise action et promettant de les punir, il répond qu’il préfère la paix et la tranquillité à la vengeance de l’injure qu’il a subie.

 

Atteint d’une maladie qu’il prévoit devoir être mortelle, il se fait porter au château voisin de Mailloc, accueilli par Charlotte de Mailloc, femme d’une rare distinction et Dame du Lieu, près de l’église de Saint-Germain. 11 jours après, il meurt le cinq du calendrier de novembre (28 octobre 1592).

 

Son corps a été honorablement enseveli dans cette même église. Son cœur enfermé dans une larme de plomb a été porté à Busbecq dans le magnifique monument de ses ancêtres. » (M de Beaurepaire – Tome V du bulletin de la commission des Antiquités de la Seine Inférieure).

 

Augier Gislein de Busbecq, fut ambassadeur de l’empereur d'Autriche à Constantine, gouverneur des fils de Maximilien II, intendant des affaires d’Élisabeth d’Autriche, veuve de Charles IX et plénipotentiaire de Rodolphe II à Paris. Ce fut lui qui découvrit le monument d’Ancyre et qui introduit en occident le marronnier d’inde, le lilas et la tulipe. On a de lui quelques ouvrages en latin, remarquables par la pureté en la vigueur du style, par la profondeur et par la sagacité des vues qui y sont exposées. Ils ont été réunis dans un élégant Elzevier, publié à Leyde en 1633, sous ce titre : « A. Gislenii, Busbequii omnia que extant cum privilegio ». 

 

Pour en savoir plus sur l'Ambassadeur Busbecq, le lecteur pourra consulter sa biographie reproduite d'après un article de 1894, sur le site france-pittoresque,  le site des amis de Busbecq et un ouvrage intitulé "Sur les traces de Busbecq et du Gotique" d'André Rousseau édité par l'Université Charles de Gaulle de Lille.

 

 


 

[2] A la mort d’Henri III le 2 Aout 1589, Henri IV est nommé roi de France. A ce roi protestant, les catholiques, qui ne le reconnaissent pas, lui oppose le Cardinal de Bourbon. Chassé de Paris, celui-ci se réfugie à Rouen, pour être au plus près de ses alliés Anglais. D’où le siège de la ville de Rouen par Henri IV fin aout 1589. Cf le site Rouen-Histoire de Jacques Tanguy

[3] Selon des témoignages d’habitants de sa maison natale (à Comines ou à Bousbecque près de Tourcoing), reçus à Cailly en 2010, , celle-ci fut détruite en 2008, 2009 pour faire place à un complexe immobilier, alors qu’elle était, a-t-on dit, la plus vieille maison de la ville.

Mis à jour ( Lundi, 06 Février 2012 08:20 )