Commune de Cailly

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Cailly un carrefour Gallo Romain


La forte présence romaine à Cailly et à Saint André (du hameau du Bosc de Cailly de Quincampoix au Floquet) est avérée par la découverte au 19ème siècle de vestiges, débris, mosaïques et théâtre, et d’un « trésor » romain. Une motte de Cailly est nommée le Capitole et la tradition nous rappelle que le « chemin des Fées (nom donné aux voies romaines) a été construit en une nuit ».

Les Voies Romaines

Les voies romaines autour de Cailly mettaient en rapport le pays des Vellocasses avec l’extrémité septentrionale du pays des Calètes.

Ces routes semblent avoir eu pour destination de conduire de la mer à la Seine sur deux points différents : le premier à Rouen, le second à Radepond sur l’Andelle (cf Seine Inférieur historique et archéologique de l’abbé Cochet).

Ainsi la capital du Talou, Arques, communiquait avec Rouen, capitale de la seconde Lyonnaise (créée au 3ème siècle) en passant par Cailly car dit la tradition : « C’est pour aller au Baile d’Arques que les fées quittaient la ville de Rouen ».

 

Ces deux voies ont dû opérer une jonction à la hauteur de Cailly, Bosc le Hard et de Cottévrard.

La voie, partant de Radepond se dirigeait probablement vers Auzouville sur Ry, La Vieux Rue, Morgny, la Rue Saint Pierre (le vocable « Rue » dans les noms de commune est unanimement reconnu comme étant le signe de la présence de voie romaine dans ces localités) et Cailly pour ensuite poursuivre par Cottévrard (plusieurs débris ont été retrouvés au hameau de Dreules), Bracquetuit, Crécy, Cropus, Le Catelier, Les Cents Acres, Sainte Foy et la Chaussée, dont le nom est très significatif, Aubermesnil, Beaumais et enfin Arques. Des débris, tuiles à rebord, cercueils, motte antique ont été identifié sur ce trajet.

La voie reliant Cailly à Rouen devait passer par Saint André aux hameaux du Boulevey et de Carqueleu et hameau du Bosc de Cailly à Quincampoix puis Quincampoix, la loge aux Pauvres, se confondant avec le chemin d’Incarville à la Halte de Préaux, le chemin venant de la route de Neufchatel à Saint Martin du Vivier, le Mont Perreux pour descendre dans la vallée dans Saint Martin du Vivier et reprendre un chemin en cavée à partir de la Route de Maromme à Darnétal (Recherches archéologiques en Gaule page 275 – Raymond Lantier 1944 – Vol 2)

Il est d’ailleurs assez facile de reconstituer leur tracé sur les cartes au 1/25000 de l’Ign et la carte de Cassini sur le Géoportail .

D’autres tracés ont été signalés par Wilhem Martin dans son ouvrage intitulé : « Recherche sur les voies romaines de la Seine Inférieure ». Il cite ainsi, en plus des 2 voies dont il est question ci-dessus, les voies allant de :

 

• De Rouen à Eu : Bois-Guillaume, Quincampoix, Saint-André sur Cailly, Cailly (étape), Yquebeuf, Saint-Saëns.

 

• De Rouen à Saint Valéry sur Somme ou Abbeville : Saint-André sur Cailly (étape).

 

• De Lillebonne à Forges ou Amiens : Caudebec, Fréville, Pavilly, Montville, Fontaine le Bourg, Cailly et Saint-André (étape), Bosc Bordel.

 

Cailly est donc bien un point Antique comme l’affirme l’abbé Cochet et ne constitue alors, avec Saint André, qu’une seule localité.

 

Le Capitole

 

 

Une butte domine la localité. Elle a été le siège au moyen âge d’un château fort, propriété des barons de Cailly dont les ruines étaient encore visibles au 18ème siècle (Revue de Normandie – Volume 5 page 31 Gustave Gouellan et Jean Désiré Cochet).

 

 

Mais son nom, particulier et significatif, semble indiquer, comme l’expliquent ces mêmes auteurs, que selon l’usage Romain, il ait été donné aux temples, surtout dans les colonies.

 

 

Il existait être peut alors un temple qui changea de destination et dont les ruines furent utilisées pour construire un château fort.

 

La présence Gallo-Romaine

 

 

On a découvert (au 18ème ou au début du 19ème) des fondations de murailles dont l’une avait 200 mètres de longueur, des tombeaux, une mosaïque, des médailles remontant aux empereurs Auguste, Vespasien, Domitien, Marc-Aurèle et Adrien, et des médailles gauloises.

 

En 1817, un groupe de monnaies gauloises fut trouvée à Cailly. Huit d’entre elles ont été reproduites par M. Lambert de Bayeux. Cinq portent le nom de Togirix.

 

Mais la découverte la plus importante eu lieu en 1821 dans la côte du Floquet, appartenant à l’époque à M. Esnault, propriétaire, demeurant à Yquebeuf.

 

Voici ce qu’en rapporte Prospère Marye dans son manuscrit, inspiré par « La Seine Inférieure historique et Archéologique : Epoques gauloises, Romaines et Franques » de l’abbé Cochet :

 

« Cette découverte a fait l’objet d’un rapport de M. Lévy à la société libre d’émulation de Rouen dans sa séance 10 juin 1822.

 

En plantant des hêtres sur la côte dont il s’agit, laquelle descend du hameau du Floquet au vallon de Collemare , les ouvriers trouvèrent et mirent à jour :

 

• 27 médailles impériales d’or fleur de coin, frappée à Rome qui furent soumises au Chevalier Mionnet, antiquaire attaché au cabinet du roi. Le savant numismate estima surtout un Vespasien, un Allius Cesar et un Commode à revers rare. Les autres pièces étaient aux effigies de Domicien, Antonin le Pieux, Lucius Verus, Marc Aurèle et de Faustine sa mère.

 

• Plusieurs autres médailles de bronze de différents modèles et très frustes mais appartenant à des époques fort distantes entre elles. Elles portent des images d’Auguste, Nerva, Adrien et de plusieurs empereurs qui régnèrent au milieu et vers la fin du troisième siècle de notre ère.

 

Image tirée de La Seine-Inférieure historique et archéologique de l’abbé Cochet

 

• Un collier d’or long de 10 pouces et deux lignes (0,27) composé de 36 amandes d’or bombées sur le devant et tandis que sur la partie plate opposée passaient des agrafes qui enchâssaient ce joyau.

Image tirée de La Seine-Inférieure historique et archéologique de l’abbé Cochet

 

 

• Un fragment de vase rouge à relief

 

• Une figurine de cheval en terre blanche.

 

• Un morceau d’os carré, orné de cercles concentriques.

 

• Un petit vase de bronze, de forme quadrangulaire, porté par quatre pieds imitant des pattes de lion.

 

• Une balance, ou romaine, en bronze longue de 20 centimètres composée d’un tube creux foré par un bout, tandis que de l’autre est un anneau dans lequel passe un double crochet. Deux crochets sont soudés sur le levier : l’un pour porter le poids de la balance, l’autre pour la soulever. Cette romaine, dont son tube actuel, possède 22 marques et pouvaient peser des objets de 22 onces. Une queue s’y adaptait pour compléter le système.

Image tirée de La Seine-Inférieure historique et archéologique de l’abbé Cochet

 

 

Tous les objets précédemment énumérés, ont composé ce qui a été appelé le trésor de Cailly. Ils ont été dessinés par Hyacinthe Langlois.

 

Le collier en or et 10 médailles impériales d’or ont été données par M. Esnault au musée de Rouen. Une médaille de Faustine la Mère a été donnée par lui au rédacteur de ces notes.

 

Les autres objets sont allés dans les mains des héritiers de M. Esnault père du susnommé, notamment et malheureusement l’Allius César. »

 

La connaissance de la présence gallo-romaine dans la région ne s'arrête pas là. Sur la commune de Saint André sur Cailly, il en existe  une trace  d'un ampleur exceptionnelle, déjà mise à jour mais ré-enterrée. C'est ce que nous relaterons dans le prochain article.

 

 

 

 
Mis à jour ( Lundi, 09 Janvier 2012 14:36 )